Passoires thermiques : vers un assouplissement du calendrier ?
Le sujet des passoires thermiques connaît un nouveau tournant. Face aux tensions sur le marché locatif et aux difficultés de mise en œuvre du calendrier initial, le gouvernement annonce un projet de loi d’ici l’été. L’objectif : adapter les règles sans renoncer aux ambitions climatiques.
Un calendrier devenu difficile à tenir
La loi Climat et Résilience prévoyait l’interdiction progressive de louer les logements les plus énergivores. Si les logements classés G sont déjà concernés, l’échéance à venir sur les logements classés F pose un défi d’une toute autre ampleur : près d’un million de logements seraient encore concernés.
Malgré les ajustements récents du DPE (notamment pour les petites surfaces en 2024 et le calcul du coefficient de l’électricité au 1er janvier 2026), la réalité du terrain rend le calendrier initial difficilement tenable, au risque d’accentuer la pénurie de logements.
Une évolution de la méthode
Plutôt qu’un recul, le gouvernement évoque un changement d’approche. L’idée serait de permettre la mise en location de logements classés F (voire G), à condition de réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un délai défini :
-3 ans pour les maisons individuelles
- 5 ans pour les copropriétés
Avec un objectif minimal d’atteinte de la classe E, et un probable accompagnement financier des propriétaires.
Des questions encore en suspens
Si cette orientation apporte de la souplesse, elle soulève plusieurs interrogations :
- Faisabilité des travaux en site occupé, notamment pour les rénovations lourdes
- Contraintes en copropriété, liées aux délais de décision
- Modalités concrètes : contrôles, sanctions, articulation avec les aides existantes
Autant de points qui devront être précisés dans le futur projet de loi.
Trouver l’équilibre
Depuis plusieurs années, le sujet divise. Entre exigences environnementales et réalités opérationnelles, l’État cherche aujourd’hui un compromis.
Reste à savoir si cette nouvelle approche permettra de concilier efficacement transition énergétique et maintien d’une offre locative suffisante.